PRE – PRESENTATION DU PROJET PEDAGOGIQUE DE L’ANNEE 2018 /2017


Cette année, Aurélia Beraldo et les élèves du lycée Masséna, accompagnés de leurs intervenants Arts du spectacle Sylvie Pertuiset et Geneviève Colonna ont choisi le thème de

la RÉPÉTITION

Les élèves de cette section auront un enseignement théorique ainsi qu’une formation de danse et une formation théâtrale. Il est alors important de trouver un thème qui permette plusieurs axes éducatifs et artistiques.
Lisie Philip , chorégraphe responsable de la formation Danse a proposé un travail sur la « JUDSON DANCE THEATER », un mouvement des années 60/70, qui fut un réel bouleversement dans le champ artistique et culturel.

Nous sommes dans l’ère de l’expérimentation, du novateur… Casser les codes, créer de nouvelles conventions, essayer de nouvelles formes sont les bases de la Judson. Bien qu’ayant commencé par la Danse, le mouvement a touché tous les Arts (peinture, musique, cinéma, théâtre…)

Les précurseurs ont été Anna Halprin, Yvonne Renier, Trisha Brown. Elles ont été inspirées par des artistes tels que Steve Reich, Peter Glass, Sol Lewitt, ou encore B. Newman, M.Rothko… Citons aussi le génie musical Erik Satie entre autres…

Proche des mouvements du dadaïsme, futurisme, surréalisme, cubisme… la Judson est notamment fondée sur un grand principe : celui de la répétition !

Ces artistes se sont demandés : « Quel mouvement peut être représenté un nombre incalculable de fois sans danger et sans mal ? » « La répétition est elle capable de donner plus de force, d’intérêt à un simple mouvement ? » « La plus petite des choses ne peut-elle pas devenir grande dès lors qu’elle est répétée, revécue, réimaginée, transformée au gré des instincts et de instants ? »

On décide, grâce à cette nouvelle façon d’anticiper les choses, de repenser notre quotidien et toutes ces petites choses banales qui construisent, de détail en détail notre vie.
Il me paraît alors extrêmement intéressant d’ouvrir le débat avec nos jeunes lycéens, encore proche de leur âme d’enfant. C’est à dire qu’ils ont cette capacité à l’authenticité, à l’appréciation d’un détail à priori si simple.

« LESS IS MORE »

La répétition peut alors être abordée sous plusieurs angles :

– Répéter une pièce de théâtre, un pas de danse, une partition de musique… Cette entrainement est il toujours le même ? Ne permet-il pas de se perfectionner, de trouver de nouveaux détails et de nouvelles inspirations ?
Notons que ce qui est très intéressant dans la répétition est le fait de ne pas chercher à être en représentation, avec tout le perfectionnisme et la pression que cela exige, mais simplement essayer, chercher, et se laisser aller.

Le lâcher prise est donc plus fort, voire total et l’on fait appel à son sens instinctif et sensoriel plus qu’à son sens cérébral et rigoureux…

« L’important ce n’est pas le but mais tout le chemin parcouru pour y arriver » CONFUCIUS

  • –  Que penser des petits riens ? Gainsbourg, Prévert, Vian et tant d’autres en ont fait des chansons… Que pensent les adolescents de ces notions et comment auront-ils envie de l’exprimer, de l’intégrer à leur spectacle de fin d’année ?Et si « un battement d’aîle de papillons peut changer le cours du temps », prenons alors le temps d’étudier cette théorie.

    Cela donnera lieu à de multiples situations découlant toutes d’une même base. Il nous semble judicieux d’aborder avec des jeunes qui entrent dans leur vie d’adultes d’aborder cette idée de choix et de conséquences…

  • –  L’habitude, le quotidien… ces notions sont souvent fortement critiquées, notamment par la jeune génération, qui désire du nouveau, du changement… et veut à tout prix fuir la routine et sa monotonie vieillissante. 

     

Alors entrons dans le débat et laissons-les s’exprimer sur ce qu’ils veulent à tout prix et refusent de tout leur être…

Et peut être trouveront ils ici des habitudes bien aimées, des actions instinctives que l’on reproduit depuis le plus jeune âge avec délectation et sans même s’en apercevoir…

A nouveau, cette année, le but pour nous est d’amener ces jeunes à se poser des questions et à nous apporter, avec toute leurs individualités leurs réponses et leurs expressions personnelles. La Judson a remis beaucoup de choses en questions et est véritablement sortie des sentiers battus.

C’est là que nous voulons amener les élèves afin d’éveiller, grâce à l’Art leur libre arbitre et leur jugement personnel.

L’alliance du Théâtre avec la Danse, d’autant plus présent cette année, grâce à la thématique, va nous permettre de développer à nouveau un acting proche de l’instinct, de l’écoute de l’autre et du moment présent. L’idée est même de pousser certaines parties du spectacle jusqu’à l’improvisation.
La Judson voulait s’éloigner de la dramatisation théâtrale et du sentimentalisme exacerbé de certains courants afin de se rapprocher de l’expression instinctive et donc corporelle, esthétique.

Et si le plateau devenait un terrain d’Arts plastiques , un lieu de rencontre entre différents Arts (pictural, musical…) , l’arène d’un débat social et politique sur le tout et le rien ?